Une jambe qui frémit doucement sous un pantalon rose, un déhanché suggestif… Et cette voix, puissante et sensuelle. Les bouches des filles qui s’entre-ouvrent, le regard qui s’illumine, puis les cris, les hurlements, impossibles à retenir… Mettant en scène l’un des premiers concerts d’Elvis au milieu des années 1950, Baz Luhrmann se concentre moins sur la musique que sur sa dimension quasi orgasmique. Un moyen d’insister sur la manière dont cette chose alors inconnue qu’on appelle le rock’n’roll allait devenir un phénomène de société, l’Amérique conservatrice et bigote voyant en Presley un pécheur, un danger, un musicien empruntant aux musiques afro-américaines leur groove afin de pervertir la jeunesse blanche.