C'est une annonce qui fleure le coup marketing. La maison de disque EMI a déclaré qu'elle allait proposer un service de téléchargement gratuit de son catalogue musical d'ici à fin 2006. Qui le paiera? Ce sera la publicité affichée sur le site de la plate-forme d'échange de fichiers Qtrax, appartenant à la société américaine LTDnetwork, qui vient de signer avec EMI.

Le service semble gratuit... ou presque. En lisant de près le communiqué de presse, on s'aperçoit qu'un titre téléchargé au format propriétaire «.mpq» ne pourra ensuite être écouté qu'un nombre prédéfini de fois - par exemple cinq -, décidé par la major. Un système d'abonnement payant sera aussi proposé. D'après LTDnetwork, ce service ne sera pas lancé avant que toutes les maisons de disques (Universal Music, Sony BMG et Warner Music) ne rejoignent EMI.

Celle-ci réalise donc un coup marketing à peu de frais, mais son annonce illustre la tendance de l'industrie musicale et du cinéma à tenter d'utiliser les réseaux peer-to-peer pour distributeur leur contenu. Ainsi, Warner a signé un accord avec le système Bittorrent pour distribuer, dès cet été, ses films. Le hic, c'est que les problèmes techniques semblent encore très importants, notamment pour tenter d'éviter que les œuvres partagées ne le soient gratuitement.

Dans le même temps, la chasse aux réseaux peer-to-peer déclarés illégaux s'intensifie. Après le serveur «Razorback2» arrêté en Belgique, cela a été le tour du serveur «The Pirate Bay» d'être stoppé en Suède la semaine passée.

Fortes pressions sur la Russie

La guerre menée par l'industrie du disque contre les internautes qui distribuent illégalement du contenu commence à prendre des proportions importantes. Selon le New York Times, les Etats-Unis feraient pression sur la Russie pour que soit fermé le site russe http://www.allofmp3.com. Ce site propose aux internautes des dizaines de milliers d'albums à des prix dérisoires, une chanson coûtant en moyenne 10 cents, dix fois moins que sur l'iTunes Music Store. Les responsables du site affirment qu'ils agissent en toute légalité, mais les Etats-Unis estiment aujourd'hui que l'existence du site pourrait empêcher la Russie d'adhérer à l'OMC.