Cet été, «Le Temps» raconte la rivalité sans merci qui a opposé, à partir de 1880, deux dynasties de photographes genevois, les Pricam et les Boissonnas. Dans cet épisode, Emile Pricam se détourne de la photo pour plonger dans le chaudron politique, tandis que Fred Boissonnas se prend de passion pour la Grèce, désormais sa seconde patrie

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Emile Pricam avait tout d’un bon professionnel doublé d’un chic type. Deux qualités qui, mélangées comme dans une formule d’alchimie, vont précipiter un changement de vie au tournant du XXe siècle. En 1902, à 58 ans, il confie son atelier photographique à son fils, Léon Louis, pour embrasser une carrière politique qui l’amènera à être maire de Genève en 1908. A l’enracinement local de ce «patriote ardent», comme le qualifie la nécrologie publiée le 21 août 1919 dans le Journal de Genève, répond la trajectoire opposée de Fred Boissonnas. Son grand prix gagné à l’Exposition universelle de Paris en 1900 lui donnera des ailes. Dès l’année suivante, il se lance dans une frénésie de rachats d’ateliers à Paris, Reims, Lyon, Marseille et jusqu’à Saint-Pétersbourg.