«Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse» est une formule facile à décliner. Dans le cas d’Une Datcha dans le Golfe, on pourrait dire «qu’importe le pays, pourvu qu’on ait l’ailleurs». Car avec son auteur, Emilio Sanchez Mediavilla, «qu’importe le récit, pourvu qu’on ait le conteur». Pas facile, de prime abord, de projeter sa curiosité sur un reportage au long cours à Bahreïn, minuscule royaume noyé dans notre cartographie souvent approximative du Golfe. Ce n’est peut-être pas un hasard: éclipsé par ses voisins maous – l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Abu Dhabi, Dubaï et le Qatar –, Bahreïn a plus de choses à cacher qu’à montrer. L’archipel de 33 îles arrive 167e (sur 180) au classement mondial de la liberté de la presse.