Cette petite main qui se lève sur une place à Lyon. Cette autre, plus robuste, presque autoritaire, qui se dresse au diapason. Emmanuel Meirieu a 6 ans au début des années 1980 et il vend L’Humanité. A ses côtés, un homme qui a bourlingué, ouvrier marocain encore analphabète, lui aussi au service du quotidien communiste.

«Nous avons appris à lire ensemble, en déchiffrant les titres de L’Huma», raconte au téléphone Emmanuel Meirieu. Cette fraternité est de celles qui fondent une vie. Le metteur en scène français revient au Forum Meyrin, vendredi et samedi, avec La Fin de l’homme rouge (Actes Sud). Ce livre-là est un «Capital de la douleur». Des histoires de rescapés, laminés mais pugnaces, sur les ruines de l’URSS.