«Je te rencontre. Je me souviens de toi. Qui es-tu?» Nulle autre, sans doute, n’aurait pu dire avec ce timbre-là, avec cette distance passionnée les mots de Marguerite Duras dans «Hiroshima mon amour», sorti en 1959, qu’Emmanuelle Riva tourna sous la direction d’Alain Resnais. Bien plus tard, c’est un autre film, dont le titre fait écho à celui d’Alain Resnais, «Amour», de Michael Haneke, qui lui valut le César de la meilleure actrice et une nomination aux Oscar, en 2013.

Emmanuelle Riva, toujours l’amour

Emmanuelle Riva, dit «Le Monde», souffrait depuis de longues années d’un cancer sur lequel elle était restée discrète afin de continuer à travailler. Elle tournait encore et jouait l’été dernier, dit «Le Monde». Elle s’est éteinte vendredi 27 janvier, dans l’après-midi. Emmanuelle Riva était née le 24 février 1927 dans les Vosges dans une famille ouvrière d’origine italienne. La jeune femme fait d’abord du théâtre amateur dans sa région. Elle aurait dû devenir couturière, mais elle est admise à l’Ecole de la Rue Blanche à Paris ce qui l’amènera sur les planches des théâtres.

C’est au théâtre qu’Alain Resnais la repère, et lui offre son premier grand rôle de cinéma, dans «Hiroshima mon amour». D’autres grands films suivront, «Léon Morin, prêtre» de Jean-Pierre Melville en 1961, «Les Yeux, la bouche» de Marco Bellocchio en 1982, «Liberté la nuit» de Philippe Garrel en 1983 et bien sûr «Amour» de Michael Haneke, Palme d’or à Cannes en 2012.

Au théâtre, son autre vie, une carrière presque ininterrompue, Emmanuelle Riva a joué sous la direction de remarquables metteurs en scène, Jacques Lassale, Roger Planchon ou Claude Régy pour ne citer que les principaux.