L'événement est si rare qu'il donne envie de partager la fierté de son auteur, Jean-Stéphane Bron. Depuis quand un film suisse n'avait-il plus suscité l'engouement des critiques parisiens si redoutés? Depuis un Alain Tanner de la grande époque sans doute. Mais im Bundeshuus – Le Génie helvétique, le thriller documentaire sur la commission parlementaire chargée d'élaborer la loi sur le génie génétique (Genlex), est sorti mercredi dans six salles parisiennes. Et il rencontre un accueil plus que chaleureux. Encourageant même pour l'ensemble de la production romande.

Don Camillo au Palais fédéral

Dans une page intitulée «Tapis rouge pour le documentaire» où le chef-d'œuvre de Bron se voit attribuer un large espace, Le Monde du 3 novembre parle, à travers la plume de Jean-Luc Douin, d'«un passionnant cours d'instruction civique». Un film «sur la façon dont fonctionne une démocratie parlementaire, les mécanismes du pouvoir, une dimension humaine de la politique». «Habité par la même passion citoyenne que Raymond Depardon, termine le critique, Jean-Stéphane Bron a bien du mérite à rendre la politique aussi digne, passionnante, pédagogique.»

Dans le quotidien Libération, la journaliste Annick Peigne-Giuly titre «Jeu de loi au Parlement» ce qu'elle juge comme «une sorte de fabliau politique». «Un jeu, écrit-elle dans le cahier cinéma de mercredi, qui fait bon ménage avec l'enjeu de société, car toute l'énergie des parlementaires se concentre sur le terrain des négociations. […] On frise le Don Camillo au Palais fédéral. Mais le jeu démocratique a une fin, qui ramène à la réalité: après des mois de débats, le moratoire pour l'interdiction des OGM sera repoussé… On avait presque oublié les magnats des business agricole et chimique tapis, un peu plus loin, dans l'antichambre du palais.»