Si les bijoux fascinent, les belles mécaniques de montres aussi. Aux ventes de cet automne, Christie's propose un catalogue particulièrement étoffé: 350 lots dont des pièces issues de collections constituées il y a près de quinze ans, passablement recherchées. Parmi les surprises, une montre pendentif historique ayant appartenu à Katia Dolgorouky, la seconde épouse du tzar Alexandre II, signée Patek Philippe et manufacturée à Genève en 1907. Autre objet particulier, d'une grande rareté: la grande montre-bracelet en acier, réalisée pour Rolex par l'atelier Panerai, vers 1940. La marque italienne, autrefois spécialisée en pièces destinées à la marine, fait aujourd'hui l'objet d'un très vif intérêt de la part des collectionneurs. Cette montre-ci appartient à une toute petite série exécutée il y a plus de soixante ans; or elle se trouve dans un état quasi parfait, facteur qui, ajouté à la conjugaison des marques, ne manquera pas d'influer sur sa valeur. Autre rare et raffinée Rolex remise sur le marché: une pièce à triple calendrier, dotée d'un mouvement perpétuel, visiblement très soignée par son propriétaire, d'où son estimation élevée.

Plus mince, le catalogue Sotheby's présente la collection d'un «Européen distingué», amateur d'art autant que de montres, qui a décidé de se concentrer désormais sur la peinture exclusivement. Acheteur systématique de 1978 à 1990, il a composé un ensemble enviable à une époque où l'intérêt pour les montres-bracelets ne faisait que débuter. Il a ainsi réuni un nombre inhabituel de complications. Sur les 45 pièces mises aux enchères figurent 12 Patek Philippe mais aussi une Rolex noire avec chronographe, extrêmement rare et en excellente condition.

Pour les deux maisons de ventes, le jeune marché de la montre – il s'est formé il y a un peu plus que 25 ans – paraît désormais parvenu à maturité, stabilisé, avec des acheteurs privés passionnés, devenus des connaisseurs. Et des amateurs de plus en plus nombreux puisque les bourses modestes peuvent y accéder.