roman

Juste au bon endroit

Dans «Les Petits», Frédérique Clémençon évoque les enfants, mais aussi les modestes.

Genre: roman
Qui ? Frédérique Clémençon
Titre: Les Petits
Chez qui ? L’Olivier, 199 p.

Tiens, le même titre que le livre de Christine Angot, paru à la même période! Ce curieux hasard éditorial ne doit pas tromper: chez Frédérique Clémençon, les petits, ce sont parfois les enfants, comme chez Angot, mais ce sont aussi tous ceux dont Jules Renard, cité en exergue, dit: «C’est de n’être rien et d’être quand même modeste qui est difficile.» Un père se fait peu à peu bannir de la cellule familiale par ses beaux-parents; sous l’apparent détachement, il organise une issue qui résonne péniblement avec l’actualité des jumelles disparues. Une mère esseulée, par contre, se ressaisit et transcende son chagrin. Les rêves et les échecs se reproduisent à travers les générations. Une mère se déleste de ses enfants sur une grand-mère trop heureuse d’exercer sur eux son pouvoir. Une petite fille et un vagabond. Une guerre minuscule dans le silence de la classe. Un couple qui se défait. Frédérique Clémençon, dont Une Saleté (Minuit) a obtenu le Prix Walser en 1998, maîtrise l’art du détail assassin. Elle sait le planter juste au bon endroit, sans bruit.

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