«Quand je découvre ma mère, elle gît inconsciente, une seringue coincée dans le bras garrotté, le bout des doigts et les lèvres bleuâtres.» Le récit que livre Michelle Halbheer dans Les Enfants du Platzspitz est glaçant. La jeune femme était enfant, au début des années 1990, lorsque Zurich faisait les gros titres de la presse avec sa scène ouverte de la drogue, située au cœur de la ville, à l’arrière du Musée national suisse. A la suite de la fermeture de la Platzspitz puis du Letten, sa mère, toxicomane, a été renvoyée dans sa commune d’origine. Pour Michelle débutait alors un voyage au bout de l’enfer, qu’elle raconte à la première personne, de manière simple et directe, dans un récit publié en allemand en 2013.