modèle nordique

Enfin, on sait pourquoi les costumes du groupe ABBA étaient si ridicules

Les sequins rebrodés sur des pantalons blancs pattes d’eph portés avec un débardeur à franges en satin rouge sous une casquette d’hôtesse de l’air avaient une autre raison d’exister que le look flamboyant de la fin des années 1970: une niche fiscale suédoise

«Honnêtement, nous avions l’air de débiles toutes ces années. Personne n’a jamais été aussi mal habillé sur scène que nous.» C’est dans un nouveau livre (Abba: The Official Photo Book) consacré aux chevelus vainqueurs de l’Eurovision en 1974 – eh oui, 40 ans déjà – que l’un d’eux, le chanteur Björn Ulvaeus, confesse la terrible vérité: ce n’était pas pour porter haut et loin l’art suédois du spectacle que le groupe avait recours aux vêtements voyants et extravagants, mais pour des raisons très matérielles: dans le gros code fiscal suédois se cache une disposition qui permet de déduire de ses revenus les costumes de scène à la condition qu’ils soient bien uniquement destinés à la scène, et donc importables dans la rue. Ce que le groupe avait parfaitement bien assimilé, puisqu’il est de toute évidence inenvisageable d’arborer ailleurs que sur une scène pop des années 1970 et 1980 des talons hauts compensés bleu électrique, une combinaison orange bien moulante et toute scintillante ou une blouse mi-paysanne, mi-sidérale, un look kitschissime qui a fini par faire partie de l’identité du groupe.

«Money money money» ♪♪♫ – ils nous avaient pourtant prévenus. Piquant, quand on sait que le fisc suédois a réclamé à Björn Ulvaeus près de 10 millions d’euros pour des fraudes répétées entre 1999 et 2005. Le chanteur guitariste avait néanmoins remporté son procès en appel. Les combi-shorts à paillettes ont aussi permis à Agnetha, Ben­ny, Björn et Anni-Frid d’acquérir rapidement visibilité et notoriété. Enfin c’est aussi grâce à leurs improbables tenues de scène qu’un Musée Abba aux collections conséquentes a pu s’ouvrir l’année dernière à Stockholm.

La nouvelle a déclenché un buzz du tonnerre ce week-end sur la Toile. Nostalgie, quand tu nous tiens. Genève a accueilli à la fin janvier un spectacle consacré au groupe mythique suédois. Qui projette de se reformer cette année pour les 40 ans de «Waterloo». Mamma mia!

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