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«Engrenages», saga d’antihéros

La sixième saison a confirmé la richesse des personnages de la série policière de Canal+

En diffusion classique, Canal + a montré la fin de la sixième saison d’Engrenages cette semaine. Avec une surprenante ultime scène, concernant la cheffe de police Laure Berthaud (Caroline Proust). Au travers de ses six chapitres, Engrenages est devenue la vétérane des séries françaises de qualité. Que dire de cette sixième livraison, sinon qu’elle confirme des choix qui, a priori, semblaient périlleux?

L'enquête en arrière-plan

Admettons-le, la trame centrale de la saison est passée un peu à l’arrière-plan. Le corps retrouvé en morceaux a annoncé une scabreuse odyssée, mais ce sont bien les trajectoires des principaux protagonistes qui ont occupé le devant de cette scène de crime. Les doutes de Laure. La dérive croissante de «Gilou» (Thierry Godard), qui semble toucher le fond dans la dérive, tout en gagnant le cœur de Laure. Dans le camp judiciaire, la panique qui saisit, puis ronge, le juge Roban (Philippe Duclos), soudain appelé à se préoccuper de lui-même et de son corps, ce qui n’est pas dans ses habitudes.

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Entre les saisons cinq et six, la scénariste Anne Landois, qui quitte le navire, a ancré Engrenages dans une piste assez radicale, centrée sur la vie privée des personnages. A priori, on pourrait le lui reprocher. Le genre policier finit par sombrer dans ces feuilletons où la nature même du propos, le mystère du crime, devient secondaire, voire souterraine.

Une série originale

Mais Engrenages n’est pas une série comme les autres, et ce sixième chapitre le confirme. Elle repose sur une combinaison unique d’acteurs, de gueules, d’expressions, ce qui conduit, en effet, à la prédominance de ses personnages centraux. Dès lors que l’on s’attache à ces figures – ou qu’on les déteste! –, toute résistance se révèle inutile. L’attraction magnétisante de Laure, de «Gilou» ou du juge envoie les enjeux criminalistiques dans les cordes parisiennes. Dans ce cadre, éclairer des meurtres représente une tâche importante; mais vivre est bien plus lourd.

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