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Tous ensemble pour «Downton Abbey»

L’ultime saison de «Downton Abbey» a commencé cette semaine, pour se finir, comme de juste, le 25 décembre. Eloge des épisodes de réconciliation finale

le temps des séries TV

Ensemble au château

Le sens de l’à-propos, jusqu’au bout. Downton Abbey, la série so British, se terminera, sans doute dans les larmes et la triste joie, le 25 décembre. La sixième et ultime saison a commencé cette semaine en Grande-Bretagne. Même ceux qui ne suivent plus guère les séries selon les moments précis de diffusion conviendront que les chaînes anglaises ont leur génie propre en matière de programmation. Des feuilletons dévoilés judicieusement durant l’été quand le thème s’y prête ou, à l’instar de la rare Sherlock, en pleines fêtes de fin d’année, quand le public visé métabolise ses Réveillons. Downton Abbey se finissant un jour de Noël, c’est aussi brillant et évident que les ingrédients du breakfast pour un être matinal et affamé.

Il y a aura regrets et émois, à l’image de la complicité, l’affection, la stupeur, ou l’agacement parfois, que le public a pu entretenir avec les clans nobiliaire et domestique du château. Modèle de lenteur qualitative, la cinquième saison a introduit, par touches dignes d’un tableau du parc, les éléments de modernité qui pouvaient, peu à peu, percer la carapace de cette aristocratie en 1924: l’affirmation maternelle par-dessus les convenances, le choc des origines religieuses, un encore hypothétique droit à l’oubli pour une faute payée, la soif d’apprendre afin de s’élever socialement… Et en lointaine toile de fond, un premier gouvernement travailliste, déjà agité par des crises.

En six saisons, le feuilleton conçu et écrit par lord Julian Fellowes aura atteint, et surtout tenu, une forme de perfection dans son projet, ses péripéties aussi bien que sa forme finale. Cette flamboyante brochette de personnages et d’acteurs a porté haut la notion de saga, au sens noble – et sans jeu de mots pseudo-sociologique.

Saga de familles et de destins, en même temps que de couples et de classes. Au fil des ans, l’épisode de Noël, une tradition anglo-saxonne, a pris toujours plus d’importance et de faste dans le déroulement de la série. Le dernier en date a constitué l’archétype du rassemblement final, après les multiples confrontations d’épisode en épisode. Ce pourrait être niais, désuet, gorgé d’apaisements de circonstance et de bons sentiments commandés. Par un miracle de chaque fin de saison, cela ne le fut jamais. On n’en doute pas un instant, ce ne sera pas le cas cette fois encore, la dernière.

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