«L’Ensemble Vide est une plateforme interdisciplinaire de recherche et de création – musique, image, performance.» L’Ensemble Vide, qui a établi ses quartiers à l’Arcoop, bâtiment témoin de la Genève industrielle de la fin des années 1950, c’est surtout une belle expérience d’écoutes attentives et de productions (musicales, entre autres) audacieuses.

Ce mois, l’Ensemble Vide célèbre ses dix années d’existence par une série de concerts. Le 25 octobre prochain, il proposera la réactualisation d’une pièce majeure du répertoire contemporain, La lontananza nostalgica utopica futura, de Luigi Nono. Plus près de nous – à savoir ce samedi 3 octobre (avant une seconde itération le vendredi 9 à la Distillerie Morand à Martigny) –, c’est à un étonnant patchwork qu’il convie. Etonnant car il mêle des instrumentations qu’on voit somme toute rarement: le Geneva Brass Quintet (trompettes, cor, trombone, tuba); Many Many Oboes (qui traite le hautbois sous toutes ses formes, du cor anglais au lupophone); et le protéiforme Ensemble Valéik.

Etonnant, le patchwork le sera également par la mise en regard qu’il échafaude entre les époques. La soirée propose en effet un grand écart de quatre siècles, entre le XVIIe (avec des pièces de Giovanni Gabrieli et le Funeral of Queen Mary de Purcell) et le XXIe siècle. Au rayon des sons d’aujourd’hui, on sera attentif à la création d’Oikos, nouvelle œuvre d’Ariadna Alsina Tarrés, ainsi qu’à des compositions signées Matthias Arter et Alexandre Mastrangelo. On sera enfin particulièrement bien inspiré d’écouter l’exécution de Khasma, une pièce de Richard Barrett datant de 2001: exigeante mais rémunératrice, cette œuvre pour quintette à cordes et instrumentation électronique est une machine qui vous propulse dans des rêves instables.


Samedi 3 octobre (20h) au Bâtiment Arcoop, Carouge. Vendredi 9 (20h) à la Distillerie Morand, Martigny. Dimanche 25 (20h) au Bâtiment Arcoop.