Evidemment, écouter sans discontinuer des conversations techniques en anglais dans un son crapoteux pendant 7 heures et 47 minutes (ainsi que 5 secondes) paraît un peu barré. Nous ne sommes pas tenus de faire le marathon. Mais sans conteste, l’écoute, prolongée, des messages entre Ground Control et les modules des missions Apollo a quelque chose de fascinant. Une hypnose techno-spatiale, après les 50 ans du premier pied sur la Lune, à l’heure où les Etats-Unis envoient de nouveau des hommes dans l’espace, grâce au secteur privé.

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7’47’’05’’’

On trouve de passionnantes archives sonores dans l’offre des services d’audio en ligne. La collection la plus complète est The Apollo Missions, par Stardust, un éditeur qui compile aussi des tranches de radio. C’est cette anthologie qui dure 7’47’’05’’’. Elle comprend toutes les missions habitées américaines de la période lunaire, d’Apollo 7 (1968) à Apollo 17 – dernière exploration des plaines grises, en 1972. Dans certains cas, l’éditeur joue sur la stéréo en plaçant le contrôle depuis Houston à gauche, et les gens des modules à droite. Ce qui théâtralise encore mieux ces moments.

Notre série d’articles: Apollo 11, la fabuleuse odyssée

Où se trouvent les moments historiques

Pour les plus pressés, le passage d’Apollo 11 de l’autre côté de la Lune se trouve dans Apollo 11, extrait 9. Le «petit pas pour l’homme…» apparaît dans Apollo 11, extrait 23. Et le célébrissime «Houston, nous avons un problème», assez difficile à saisir, se niche dans Apollo 13, extrait 9.

Ça grésille sans cesse

C’est presque toujours technique, c’est truffé de «roger» et de «copy that», ça grésille tout le temps. Il y a nombre de messages de routine et, plus exotique, de comptes rendus d’activités sur la poussière lunaire. Cependant, dans ce cadre, des missions spatiales par lesquelles on envoyait des hommes pilotés par une puissance informatique un million de fois inférieure à celle d’un actuel téléphone portable, l’humain s’agite toujours.

On se laisse bercer, on voyage même, avec ces descriptions émerveillées des astronautes sur des portions de la Terre qu’ils survolent (il n’y avait pour ainsi dire pas d’images satellites), ces souhaits de «bonne nuit» émis par les occupants de capsules sans nuit, ces «Joyeux Noël» ou «Bonne année» lancés comme pour étendre l’humanité aussi loin que possible, jusqu’à la Lune et au-delà.


«The Apollo Missions». Disponible dans les services de streaming.


Des envies de grands espaces: