Festival 

Envoûtante Carmen à Gstaad

Face à un ténor sanguin qui a tendance à hurler (Marcelo Alvarez), la mezzo-
soprano française Gaëlle Arquez compose une bohémienne pleine de séduction naturelle. Une réussite malgré un plateau vocal inégal du côté des hommes

Carmen, c’est elle: le charme, la séduction, le magnétisme félin. Et la voix, magnifiquement corsée, épicée, sombre et claire à la fois ! Rien que lorsqu’elle entre sur scène, Gaëlle Arquez en impose. Et lorsqu’elle se caresse le cou avec une rose avant de la jeter aux pieds de Don José, on comprend que la séduction de Carmen est imparable, qu’il ne lui résistera guère.

Dans Carmen, l’amour est un poison insidieux, une passion destructrice. Pauvre soldat littéralement envoûté par la cigarière, Don José voit sa vie basculer lorsque cette femme à la beauté ravageuse croise son chemin. Le contraste avec la jeune Micaëla, âme pure et fiancée venue le sortir en vain des griffes de la bohémienne, est total. Pas de décors, mais des costumes, des mouvements de scène, des animations vidéo (des images sous forme de «dessins-peintures» projetés sur trois grands éventails disposés sur le pourtour du plateau, derrière l’orchestre) et des figurants pour évoquer l’Espagne de l’opéra-comique de Bizet.