Eric Chauvier publie deux livres en ce début d’année, La crise commence où finit le langage et Laura, tous deux aux Editions Allia. Le premier, un essai d’une cinquantaine de pages, réunit deux textes où, à dix ans d’intervalle, l’anthropologue nous alerte sur la puissance du langage ordinaire. Dans La crise commence où finit le langage, qui donne son titre à l’ouvrage, l’anthropologue s’interrogeait en 2008 déjà sur les conditions de création de la crise par le langage. Sa réflexion est amorcée par un coup de fil publicitaire, un de ces échanges téléphoniques dans lesquels nous nous sommes tous retrouvés enlisés. Pourquoi est-ce qu’on ne raccroche pas tout de suite? Est-ce le sentiment de pitié pour des emplois qu’on sait précaires qui nous pousse à poursuivre une conversation qui ne mènera nulle part? Mais après la pitié vient la colère, à force de questions qui violent notre sphère personnelle.

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