Après avoir parodié non pas les films catastrophe mais les parodies de films catastrophe dans La Tour Montparnasse infernale, le duo télévisé Eric et Ramzy participe à une nouvelle resucée de l'humour des autres. D'une nullité élevée en machine de guerre comique (comme dans RRRrrrrr!! d'Alain Chabat avec les Robins des Bois), Double Zéro a été confié à ce chauffard de l'humour franchouillard qu'est le réalisateur Gérard Pirès (Taxi). Et comme il n'y a guère pire que Pirès dans le paysage français, le film choisit toutes les options les plus lamentables. La première idée déplorable consiste à se vanter d'avoir, pour une fois, fait ce que les Américains font sans vergogne: un remake. Double Zéro est en effet la refonte jambon-beurre d'un film hollywoodien réalisé par John Landis: Drôles d'Espions. Belle faute de goût. D'abord parce que Drôles d'Espions est un très mauvais film de l'épatant Landis (auteur des Blues Brothers ou de la série Dream On). Ensuite parce que le thème du duo d'imbéciles heureux qui sont enrôlés dans les services secrets a déjà été épuisé jusqu'à la corde.

Au final, l'unique atout de ce navet est d'éviter aux spectateurs de consulter les tableaux d'étoiles. Double Zéro mérite bel et bien ses deux zéros pointés. Même s'il appelle sa prochaine bourde Quatre Etoiles, le producteur Thomas Langmann (déjà initiateur du lamentable Blueberry en début d'année) ne parviendra plus à cacher le simplisme vénal de ses projets, attrape-mouches sans idées qui prennent le public pour une masse beuglante.

Double Zéro, de Gérard Pirès (France 2004), avec Eric, Ramzy, Edouard Baer.