Gérard Macé. Je suis l'autre. Le Promeneur, 150 p.

Collectif. Gérard de Nerval. Revue Europe N° 935

Ce que Gérard Macé aime chez Nerval, «c'est l'alliance du métier et de l'inspiration, de l'involontaire et de l'obsession, du labyrinthe mental sous l'apparente simplicité. L'alliance de la curiosité pour le monde et de la vie intérieure, le lien étroit entre les vivants et les morts, le goût de la merveille et le sentiment de désarroi, la vie de l'esprit comme mystère suprême. Et la poésie la plus pure, en vers ou en prose, parce qu'elle n'est justement pas de pure forme.»

Ce bel hommage ne se trouve pas dans l'essai éclairant de Macé sur le poète des Chimères, mais dans le numéro spécial de la revue Europe dirigé par Anne Struve-Debeaux. Il réunit 18 témoignages d'écrivains, interviews et études critiques, parmi lesquelles on signalera celles portant sur les liens de Nerval avec Proust ou, moins attendus, avec Giraudoux. Ou encore la description du «Nervalois» et l'analyse du thème des «Frontières, limites et seuils» dans Les Filles du feu. Sans oublier les questions que posent chez lui les rapports de la vie et de l'écriture, c'est-à-dire la place de la biographie dans l'évaluation de l'œuvre (Michel Jeanneret), ni l'amusant article consacré au «canard de Nerval», soit à son côté farceur (Daniel Sangsue).

Quant au recueil Je suis l'autre, dont la jaquette reproduit le beau portrait mystérieux réalisé en 1853 par Adolphe Legros, il réunit les quatre préfaces de Gérard Macé pour les éditions en collection de poche des Filles du feu et d'Aurélia (Folio classique), de Lénore et des Chimères (Poésie/Gallimard): Macé lie la gerbe en les faisant précéder d'un texte inédit sur Les Illuminés, où il rappelle que c'est dans cet ouvrage de récits et portraits apparemment si peu intime que Nerval a décrit pour la première fois, à travers l'histoire du roi de Bicêtre Raoul Spifame, cet «épanchement du songe dans la vie réelle» qui sera plus tard au cœur d'Aurélia.Isabelle Martin

Gérard Macé publie simultanément chez Gallimard le recueil «Filles de la mémoire», nouvelles rêveries en prose et en vers sur l'imaginaire du langage.