Ne disposant plus pour montrer la collection de tous les espaces désirés, en attente de réaménagement, la conservatrice du Musée des beaux-arts du Locle, Stéphanie Guex, a choisi de n'en présenter que quelques aspects. En mettant en évidence le fonds d'estampes. En faisant redécouvrir l'un des artistes emblématiques de la région, Jean-Pierre Schmid dit Lermite, mais à travers des œuvres appelées à renouveler le regard porté sur lui. Un troisième volet, didactique, informe sur les diverses techniques de la gravure.

Grâce à deux passionnés, Charles Chautemps, libraire et conservateur de 1971 à 1987, soutenu par l'industriel Marcel Bergeon, le musée peut se prévaloir d'une collection d'estampes bien articulée. L'accrochage, une quarantaine de numéros, présente ainsi un bel ensemble d'œuvres françaises de la fin du XIXe, début du XXe siècle, où se repèrent les noms de Camille Corot, d'Edouard Manet, de Redon, Bonnard, Vuillard, Rouault, de Jacques Villon, représenté par des planches aux écritures très différentes. Ensemble auquel se raccrochent facilement les créations d'artistes suisses tels Félix Vallotton, Edouard Vallet ou Giovanni Giacometti, la production régionale étant illustrée par les frères Barraud et Georges Dessouslavy.

Quant à Jean-Pierre Schmid (1920-1977), installé dès 1946 à La Brévine, où les habitants le surnommèrent l'ermite, on conserve à l'esprit ses paysages géométriques. Cette manière l'a catalogué, isolé presque. Les 34 peintures, dessins et gravures, sélectionnés, le rattachent à des mouvements plus larges. Orientation orphiste d'abord, par l'exemple du Corbusier, enfant de la région. Tendance au réalisme expressif ensuite, avec des références à Chaïm Soutine et Van Gogh. Une Suite florentine à l'encre de Chine le montre tenté par le fantastique ou, plus loin, par des calligraphies presque orientales. Un Lermite peu vu, donc.

Aspects - la collection. Musée des beaux-arts du Locle (rue Marie-Anne-Calame 6, tél. 032/931 13 33, http://www.mbal.ch). Ma-di 14-17h. Jusqu'au 16 septembre.