Il y a les écrivains du matin (la majorité), ceux qui écrivent toute la journée (Jean Rouaud, Annie Saumont, Philippe Djian, Pierre Bourgeade) et ceux qui préfèrent la nuit comme Olivier Rolin ou Charles Juliet. Quant à Jean-Marie Rouart, il écrit… à l'heure du déjeuner. La publication d'une trentaine des nombreux entretiens réalisés sur France Inter par la journaliste Brigitte Kernel, qui exploite habilement le goût du «people littéraire» avec ses questions d'enfants et son quiz final, permet de retrouver des confidences parfois singulières. Ainsi celle de Jean-Pierre Otte à propos de son chien Twin Peaks (ainsi nommé en hommage à David Lynch), à qui il lisait des pages en travail: «Quand il ne remuait pas la queue, dit-il, je supprimais le passage!» L'Américain Douglas Kennedy, qui vit en partie à Paris, est le seul à reconnaître écrire «pour l'argent» – comme Jean Rouaud est le seul à travailler la porte ouverte, en acceptant d'être dérangé à tout moment. Sur le chapitre du manque, ce sont les randonnées en montagne qui manquent le plus à Annie Saumont, l'insouciance de la jeunesse à Philippe Djian et… le manque, justement, à Catherine Cusset.