Il a 15 ans, graine de star tombée du ciel. Sa chevelure dense et fournie tombant par-dessus les épaules, ses gestes parfois maniérés, son sourire juvénile dans un corps d’homme lui confèrent l’allure d’un prince romantique. Grand et mince, les doigts souples et effilés, il joue Chopin et Rachmaninov avec une aisance confondante.

Yoav Levanon a fait vive impression lors du week-end d’ouverture du Verbier Festival. C’est le genre d’enfant prodige qui soulève bien des questions. Or, on a là un authentique musicien, au lyrisme inné et naturel. Ce pianiste israélien cerne intuitivement l’architecture d’une œuvre, la courbe mélodique d’une phrase, ses inflexions, ses ruptures. Son jeu, tout en souplesse et élégance, sied à Chopin (la 3e Sonate) et à Liszt (l’Etude de concert La Campanella au toucher délicat, riche en irisations).