Auteur de bande dessinée, notamment de la série Jonathan (Lombard)

Le Temps: Si l’été était un sorbet?

Cosey: Fruit de la passion.

– L’été de vos 10 ans?

– C’était les vacances familiales, avec mes parents et mes deux sœurs. Le train pour l’Italie, l’excitation du départ, mon père sur le quai à Domodossola, ma mère qui paniquait de peur que nous partions sans lui. C’était les années 60, la plage au bord de la Méditerranée, Marina di Pietrasanta, Marina di Massa… Je découvrais une autre facette de mes parents. Le reste de l’année mon père n’était pas très enclin à jouer. Là nous étions vraiment ensemble. C’était aussi la découverte de l’étranger avec les gamins sur la plage qui parlaient une autre langue.

– L’été de vos 20 ans?

– En moto avec ma copine, de Lausanne à Formentera, aux Baléares, le camping sauvage.

– Votre plus bel amour de vacances?

– Je pense que ce sont ces amours de pré-ado où l’on n’ose pas, où l’on finit par flirter, quand même. Il n’y en a pas un. Pas dix mille non plus. Les souvenirs qui me viennent à l’esprit sont quelques rencontres avec des jeunes filles d’autres pays. Toujours cette fascination pour l’étranger, différent et pourtant fondamentalement comme nous.

– Quels souvenirs d’été raconterez-vous à vos petits-enfants?

– Le bonheur de partir avec mes quatre enfants, c’est-à-dire leurs parents. L’excitation du départ en voiture bien avant le lever du soleil, la valise presque oubliée, les enfants qui dorment avec les ours en peluche à l’arrière. Cette sensation réconfortante d’être disponible et de partager leur quotidien sans l’école.

– Et votre été 2010?

– Du travail sur un nouvel album. Je partirai juste quelques jours en avance pour le Festival de bande dessinée de Solliès dans le sud de la France.

– En vacances, que faites-vous quand vous ne faites rien?

– Lire, écouter de la musique, ce n’est pas ne rien faire. C’est rare. Cela se produit parfois à coups de petites secondes ici ou là. Et je les apprécie.

– Votre saison préférée?

– L’hiver enneigé à la montagne. L’automne pour les couleurs des mélèzes sur fond de ciel bleu. Et l’été pour les longues soirées.

– Dans quelle saison de votre vie êtes-vous?

– L’été indien, peut-être?

– Vacances à Lutry ou à Bali?

– Je n’habite plus à Lutry. Oui, à Bali. Il y a là-bas une grande richesse artistique, les gens sont beaux.

– L’été, à quoi ressemble votre jardin?

– J’essaie d’instaurer un dialogue entre l’herbe que je tonds et celle que je laisse libre pour apprécier la variété des plantes qui y poussent.

– La plage de vos cauchemars?

– Des chaises longues alignées sur 15 rangées, avec animations.

– Est-ce que l’été vous rend beau?

– Oui, tous les êtres humains sont plus beaux en été!

– Dans le foin ou dans le satin?

– Les deux. Le foin est plus romantique, le satin plus confortable.

– Un job d’été qui vous a marqué?

– Quand j’étais gamin, j’ai travaillé avec mes sœurs dans un café-restaurant de Vercorin. Le patron avait des petits chiots et on a servi des cafés pour partir avec l’un d’eux à la fin des vacances.

– Et si l’été ne revenait pas?

– Ça fait peur, si on pense à la pollution. Les Tibétains et tous les bouddhistes disent que tout est impermanent, sauf l’impermanence.Propos recueillis par