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«Euphoria», anticorps ados

Produite par Drake, la première série d’ados de HBO, qui raconte la non-détox d’une jeune femme, est censée choquer par le sexe et les corps nus. C’est surtout dans sa description de l’aspiration désespérée à se débarrasser du corps qu’elle devient crédible

On voit d’innombrables poitrines et pénis dans les deux épisodes diffusés jusqu’ici d’Euphoria, et il faudrait s’en scandaliser. La première série ado de HBO, visible ici via OCS, a affolé les ligues de parents américains – mais c’est leur boulot, de s’affoler – et a été interdite aux moins de 16 ans au Québec.

Euphoria raconte l’overdose, puis de retour après une cure de désintox, de Rue (Zendaya, jusqu'ici égérie Disney), une jeune femme de 17 ans qui ne songe pas une seconde à arrêter la drogue. Elle rencontre Jules, une trans qui couche avec des cochons mariés dans des motels où l’auge est la chambre. Elles font face aux lycéens classiques de leur piteuse petite ville, le bellâtre qui tente de transpirer son homosexualité à coups d’exercices pour s’en débarrasser, les machos à cerveaux nachos, la dodue gourmande, etc.