«Le Rêve penché»

Exorcisme enfantin à l’Orangerie

Si la chance ne sourit qu’aux audacieux, c’est d’abord sous la forme d’une drôle de ménagerie qu’elle se présente au petit Léon, bien décidé à en découdre avec ses cauchemars récurrents. Hippocampe, asticot, méduse ou encore chameau déboulent ainsi dans sa nuit, d’habitude squattée par une vilaine sorcière. Par quelle magie? Dans Le Rêve penché, à voir ces jours au Théâtre de l’Orangerie à Genève, Myriam Boucris livre sa recette avec une belle force de conviction: l’imagination et la création font sauter tous les carcans. Riche dans ses déploiements et pourvoyeur de belles émotions – notamment grâce à la musique jouée sur le plateau – le spectacle, destiné aux plus jeunes dès 3 ans, pèche un peu par excès de démonstration.

Il en faut, il est vrai, de la persuasion pour susciter l’adhésion à un projet a priori chimérique: dompter les démons qui hantent nos nuits. La promesse a ce mérite: mobiliser l’attention des spectateurs les plus jeunes. Ils tremblent avec le petit Léon (Denis Correvon, jeu) lorsqu’il saute à pieds joints (au sens propre) dans son cauchemar. Le héros est escorté dans son aventure par une alliée très motivée, Myriam Boucris. Elle chante et danse, certes, mais elle a tendance à forcer le trait. Dommage!

L’idée de recourir à des instruments de musique insolites, comme l’instrumentarium Baschet, prend ici tout son sens. Ces structures métalliques de forme conique destinées à l’éveil musical incitent en effet à l’exploration et à l’improvisation. Frottements, vibrations, percussions, les atmosphères induites sont contrastées et le mystère du songe devient palpable.

Et quand des draps du lit surgissent des loups à la blancheur virginale (par la magie de l’origami), on tient la clé du songe. Les monstres redoutés ne demandent qu’à être apprivoisés.

Le Rêve penché, Théâtre de l’0rangerie, Genève, jusqu’au 23 août. Dès 3 ans, env. 40 min.022 700 93 63. www.theatreorangerie.ch