«Il y a toujours un trait au bout de mon crayon»: telle est la jolie expression qu'utilise André Siron, peintre, graveur et dessinateur, pour résumer sa pratique de tous les instants. Francy Schori, commentateur du travail de l'artiste chaux-de-fonnier né en 1926, explique que son art «consiste à faire entrer son coin de jardin tout entier dans son atelier, avec herbettes, oiseaux, cailloux, mais en les dépouillant de leur dimension matérielle.»

André Siron expose une trentaine de gravures au burin au Théâtre ABC, dans sa ville natale. Le burin, «cet outil qui taille des chemins et détermine les promenades», détermine aussi la rugosité adaptée à l'expression des «traces» naturelles, traces des herbes foulées, du vol des hirondelles dans le ciel ou des mouvements contradictoires sensibles dans la nature comme dans n'importe quelle ville. Les burins d'André Siron, comme c'est souvent le cas de gravures abstraites, miment une calligraphie, évoquent donc une poésie, une poétique. La réussite de ces gravures tient dans leur économie, qui laisse aux vibrations du trait incisé et imbibé d'encre toute leur force expressive.

Centre de culture/ Théâtre ABC (rue du Coq 11, La Chaux-de-Fonds, tél. 032/967 90 41).

Ma-di 16-19 h, sa aussi 11-14 h. Jusqu'au 2 septembre.