Il y a des disques anecdotiques, d’autres dont on se lasse finalement assez vite. Et il y a ceux qui vont vous accompagner toute une vie, du moins ce qu’il en reste. C’est dans cette noble catégorie que s’inscrit Rococo, le troisième album de Fabio Viscogliosi, chanteur lyonnais qui surfe en toute légèreté sur sa cinquantaine élégante – il est né en 1965. Un timbre envoûtant, un grain de guitare discret, des cordes diluées dans un soupçon de synthés: voilà sa recette pour une signature si particulière tout au long de ses dix nouveaux titres. Avec des coups de cœur qui s’évadent de l’un à l’autre au fil des écoutes, pour un temps suspendu entre ralenti et éternité.

Il faut savourer cette naissance pour ce qu’elle est: un miracle. Scotché au fond du garage pendant des mois faute de budget pour enregistrer les cordes, puis financé par un apprenti label qui jettera l’éponge avant même d’exister, Rococo est finalement sorti sur Objet Disque, le label de Rémy Poncet, alias Chevalrex.