fiction tv

Face à Netflix, l’impuissance européenne

L’audiovisuel français va lancer un diffuseur web, Salto, la réunion de TF1, M6 et France Télévisions sur la Toile. Cette union nationale pèsera peu en regard des mastodontes qui se dessinent aux Etats-Unis

La nature de l’alliance a surpris. En France il y a une semaine, TF1, M6 et France Télévisions ont annoncé leur union pour le lancement d’un service de vidéos en ligne payant. Le but est de contrer Netflix, objectif aussi réclamé au niveau de l’Union européenne par les Français.

Salto, ce sera le nom du canal multiplateforme (TV, tablettes, téléphones, etc.), offrira des programmes d’info, des fictions et autres programmes issus des trois partenaires, pourtant adversaires chaque matin lorsque tombent les chiffres de l’audience TV classique de la veille. Pour le web, ils créent donc une sorte de gouvernement d’union nationale.

Retrouvez tous nos articles sur les séries TV.

L’épine Molotov

La première complication vient de la technologie. Ces jours, on a appris que les trois partenaires ont refusé d’acheter Molotov, une start-up qui offre déjà l’agglomération de contenus, notamment cofondée par Pierre Lescure (ex-Canal +) et représentée, pour sa vente, par… Jean-Marie Messier, naguère patron de Vivendi/Universal, qu’il a fait couler. Les gens de Molotov demanderaient 100 millions d’euros, les géniteurs de Salto s’arrêtent à 45.

Pendant ce temps, aux Etats-Unis

De l’autre côté de l’Atlantique, il y a trois jours, Disney a fait savoir qu’il augmentait son offre pour la reprise de la partie fiction du groupe Fox, laquelle comprend les studios de cinéma, les séries TV et une participation stratégique dans Hulu, le site concurrent de Netflix, qui a notamment lancé The Handmaid’s Tale.

Depuis des semaines, l’empire de Mickey et de Star Wars, qui va retirer ses produits de Netflix, est en guerre avec l’opérateur du câble Comcast (propriétaire de NBC et Universal) pour absorber la juteuse fiction de Fox. En vue, la constitution d’un catalogue capable de concurrencer celui du diffuseur de La Casa de Papel ou de Stranger Things.

Notre interview du créateur de «La Casa de Papel»: Alex Pina: «Ecrire la troisième partie de «La Casa de Papel» est très compliqué»

La nouvelle offre de Disney grimpe à 71 milliards de dollars, même plus de 80 milliards si l’on inclut la reprise de dette de la cible. Selon les analystes, Comcast devrait surenchérir la semaine prochaine. On comprend ainsi qui contrôlera les tuyaux à fictions dans les années à venir.

Publicité