Aidan Bloom (Zach Braff) a 35 ans et des soucis. Sa carrière de comédien est au point mort. Sa femme est lasse et ses gosses turbulents. Son père, mourant du cancer, ne parvient plus à payer l’école privée où ses petits-enfants apprennent la Torah. Alors, Aidan décide d’éduquer lui-même ses deux enfants, de restaurer l’harmonie conjugale et de réconcilier son geek de frère avec leur père.

Zéro subversion

Dix ans après Garden State , petit phénomène du cinéma américain indépendant non distribué sous nos longitudes, Zach Braff repasse derrière la caméra avec Le Rôle de ma vie , qu’il a financé grâce à une récolte de fonds sur Internet. De quoi décrocher l’AOC film d’auteur. Cette estampille ne garantit toutefois pas la qualité, ni ne nous préserve des pires clichés hollywoodiens.

L’affaire commence sur un ton enlevé et une touche satirique prometteurs, relevés d’un peu d’irrévérence à l’encontre du judaïsme. Mais le sentimentalisme submerge tout. Pour une touche de cruauté (les gosses insupportables scotchés à leur chaise), pour un gag salace (le frangin déguisé en cosmonaute besogne une voisine déguisée en ours blanc…), que de guimauve et de leçons de morale! Sans omettre l’inévitable hymne à la cellule familiale assénée d’une formule définitive: «Je sais que tu ne crois pas en Dieu, mais peut-être peux-tu croire à la famille.» Zach Braff, trublion à la mie de pain, atteint le niveau zéro de la subversion. Un peu comme si Groucho Marx s’excusait de s’être comporté en mufle.

Observation linguistique intéressante: en américain «faire un feu» est synonyme de «griller des marshmallows».

Le Rôle de ma vie (Wish I Was Here), de et avec Zach Braff (Etats-Unis, 2014). 1h46.