Après le succès auprès des fillettes de Princess Diaries de Garry Marshall (Pretty Woman) en 2001, il fallait s'attendre à des séquelles. En jeu: l'immortel motif de la jeune fille populaire qui découvre les racines nobles de son arbre généalogique. Ce dont rêvent les Filles en est la nouvelle déclinaison. Pour y parvenir, la productrice Denise Di Novi, ancienne collaboratrice de Tim Burton, a confié à la réalisatrice de télévision Dennie Gordon (épisodes d'Ally McBeal ou de Chicago Hope) l'exécution sans personnalité d'un remake: Ce dont rêvent les Filles réactualise en effet jusqu'à l'écœurement Qu'est-ce que Maman comprend à l'amour? (The Reluctant Debutante), une comédie déjà dégoulinante signée par Vincente Minnelli en 1958, d'après une pièce de William Douglas Home.

Ne rechignant sur aucun excès dans les rebondissements, cette adaptation accentue autant que possible (à la limite du délit de faciès) le choc des cultures entre les Etats-Unis, tellement décontractés, et le Royaume-Uni, tellement coincé. Coup de pied dans la fourmilière de la Couronne, la teenager Daphne Reynolds est incarnée par une actrice crispante: Amanda Bynes, star du petit écran américain où elle possède sa propre émission, The Amanda Show. Elle peine à devenir princesse devant la caméra, mais décroche haut la main la couronne de la minauderie plouc façon Bush. Au point qu'il y a de quoi plaindre ses partenaires, en particulier l'excellent Jonathan Pryce, méchant du film dont on finit par souhaiter qu'il gifle la demoiselle.

Ce dont rêvent les Filles (What a Girl Wants), de Dennie Gordon (USA 2003), avec Amanda Bynes, Colin Firth, Kelly Preston, Jonathan Pryce.