Spectacle

Les fantômes de Genève parlent enfin à la Comédie

Philippe Macasdar enquête sur la psyché genevoise dans un spectacle en forme de conférence aussi personnel que stimulant

Un auteur ne devrait écrire que ce qu’il est seul à pouvoir raconter. C’est le conseil de Philip Roth. A la Comédie de Genève, Philippe Macasdar applique avec bonheur ce principe dans Ici, histoire(s) de Genève. L’ancien directeur du Théâtre Saint-Gervais joue avec le feu de nos souvenirs, ces mille et un oublis qui constituent une identité, fût-elle individuelle ou collective.

La Comédie du boulevard des Philosophes est un balcon dans la ville. Il permet d’observer des passants singuliers, d’August Strindberg à Giorgio Strehler, qui fit ses débuts de metteur en scène sous ce toit, de Dostoïevski à Romain Rolland. Il permet aussi d’enjamber la balustrade pour vivre l’histoire. Le Genevois cerné par Philippe Macasdar est animé par cette dialectique: en être ou ne pas en être.