Comment la pandémie a-t-elle changé les créateurs de prêt-à-porter? Qu’ont retenu les designers de ces dix-huit mois d’incertitudes sanitaires et économiques, mais aussi de questionnements écologiques et philosophiques? Se sont-ils interrogés sur le besoin de se parer – ou non –, de s’inventer – ou non – par le vêtement? Quel sens donnent-ils aujourd’hui aux défilés physiques, quel message veulent-ils transmettre durant ces quelque dix minutes de spectacle à résonance mondiale? Voilà les questions qui ont accompagné le retour de la Fashion Week de Paris, la première organisée en présentiel depuis le début de la crise sanitaire, en février 2020. Elles se sont imposées partout, tout le temps. Devant l’hystérie des foules aux abords des défilés, la plupart du temps pour apercevoir une star ou une influenceuse; entre les (premiers) rangs d’invités non masqués, parfois indifférents aux gestes barrières et à la distanciation sociale; pendant les interminables déplacements aux quatre coins de Paris et le bilan carbone associé. Mais aussi devant la magie d’un vêtement, l’intelligence d’une ligne ou la puissance d’une mise en scène.