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Il est enfin devenu lui-même voilà cinq ans, quand bien même abrité derrière un pseudo un peu fumeux: Father John Misty.
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Musique

Father John Misty sort de la brume

Le chemin fut long et tortueux pour le musicien américain, enfin devenu une authentique star du rock indépendant

On l’a d’abord connu sous le patronyme de J.Tillman, pour une première vie artistique à base de cheveux longs, guitare sèche et mal de vivre acoustique. Avec des vrais moments de grâce – le trésor caché «Vacilando Territory Blues» – qu’il a pourtant du mal à assumer aujourd’hui, un peu effaré par sa propre caricature de l’époque. Puis il est devenu batteur des Fleet Foxes entre 2009 et 2012, pour la résurrection officielle du folk. Une voie de garage injouable à long terme: ce gars-là était bien trop bavard et flamboyant pour rester planqué derrière des percussions à l’arrière de la scène. Il n’arrêtait pas de l’ouvrir pendant les concerts avec force vannes et chambrages du public, et c’en était presque gênant devant le leadership naturel du chanteur-guitariste Robin Pecknold. Mais il est enfin devenu lui-même voilà cinq ans, quand bien même abrité derrière un pseudo un peu fumeux.

Une voix en décollage permanent

Father John Misty, puisqu’il faut l’appeler ainsi désormais, a pris le risque qu’il fallait en 2012: quitter son petit confort de Portland pour Los Angeles. Une impulsion qui lui a permis de rencontrer le producteur Jonathan Wilson, un magicien qui l’a métamorphosé. On ose à peine imaginer l’hygiène de travail de ces deux hédonistes revendiqués, mais le résultat fut stupéfiant: un premier album gavé de mélodies et de cordes en 2012, un autre encore plus enflammé en 2015, et une signature vocale à nulle autre pareille dans le petit monde «indé» d’aujourd’hui. Les deux complices ont remis ça ce printemps dans un registre différent. Le «Pure Comedy» du père John va clairement chasser dans les territoires d’Elton John: beaucoup de piano, davantage de sobriété, mais un poison qui finit par s’incruster, sans antidote possible. Son engagement politique et sa rage anti-Trump? On n’insistera pas trop là-dessus, vu le résultat que ça a donné en novembre dernier. Mieux vaut se laisser bercer par cette voix en décollage permanent, et prier pour qu’il fasse un écart jusqu’ici à l’automne prochain, lors de sa tournée européenne. Parce que ses prestations scéniques, à la fois possédées et en total contrôle, sont hors du commun. Cet homme-là était définitivement fait pour le premier plan.


Father John Misty, «Pure Comedy» (Bella Union/Musikvertrieb)

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