La Fondation Gilberte de Courgenay est à la recherche de donateurs pour assurer la pérennité de l’Hôtel de la Gare, devenu célèbre en Suisse pour sa légendaire serveuse. Son vice-président et mécène, le Bâlois Moritz Schmidli, entend en effet se retirer.

A 86 ans, Moritz Schmidli affirme à l’ATS en avoir assez et être au bout du rouleau. Il souhaite que quelqu’un d’autre s’engage pour le maintien de cet établissement emblématique et en assume également la responsabilité. Durant des années, l’octogénaire a investi de très importantes sommes pour sauver et gérer ce bâtiment.

La Fondation Gilberte de Courgenay, Hôtel de la Gare dispose d’un capital de plus de 200 000 francs, relève M. Schmidli. Quant à la valeur immobilière de l’établissement, elle avait été fixée à 1,5 million de francs à la fin de l’année dernière.

Appel aux dons

Avec le départ prévu de son vice-président, le conseil de fondation a besoin d’argent. Evoquant les discours patriotiques du 1er Août, M. Schmidli appelle les donateurs potentiels à ouvrir leur porte-monnaie.

Le sort de l’hôtel semble davantage émouvoir la Suisse alémanique. Cet établissement a acquis une véritable notoriété grâce au film «Gilberte de Courgenay» réalisé en 1941 avec l’actrice Anne-Marie Blanc dans le rôle de la serveuse connaissant «300 000 soldats et tous les officiers». Dans le film, ce personnage soutient le moral des soldats suisses mobilisés entre 1914 et 1918.

Rénovation coûteuse

L’Hôtel de la Gare de Courgenay avait fermé ses portes en 1997, le restaurant n’étant pas rentable. Pour éviter la disparition de cet établissement public, des citoyens se sont regroupés pour créer une fondation. Mais la plupart des membres jurassiens ont quitté le navire en 2008.

Rapidement, Moritz Schmidli prend la tête de cette institution qui devient Fondation Gilberte de Courgenay, Hôtel de la Gare. Il lui donne 750 000 francs à fonds perdus pour l’achat et la rénovation du bâtiment.

Le Bâlois octroie également un prêt de plus d’un million de francs. Au total, les frais de rénovation auront avoisiné 2 millions de francs, selon le mécène. En 2001, le restaurant a rouvert ses portes en présence de nombreux invités. Aujourd’hui, Moritz Schmidli est disposé à renoncer à la moitié de son prêt.

Attentes jurassiennes

Cette promesse ne semble pas avoir totalement convaincu l’autorité de surveillance des fondations du canton du Jura. Dans un courrier adressé fin juillet, elle se demande si la Fondation Gilberte de Courgenay, Hôtel de la Gare dispose de suffisamment de moyens pour financer ses activités après le retrait de son mécène.

L’autorité de surveillance attend une réponse d’ici au 31 août, précise M. Schmidli qui dit chercher de nouveaux donateurs. Le Bâlois n’a toutefois pas indiqué quelle stratégie il entendait adopter en cas d’échec de son appel de fonds. Dans le pire des scénarios, la fondation pourrait être mise en liquidation.