«Je parle évidemment pour l'archéologie. Oui, nous avons besoin d'un musée national, surtout dans un pays fragmenté comme le nôtre. Quelle autre institution offrirait la vue d'ensemble, permettrait de comparer les régions? C'est utile non seulement en termes de patrimoine, mais surtout pour le développement des techniques de conservation et de restauration. Le Musée doit aussi être une place de compétences à disposition des cantons. En outre, il est important en tant qu'interlocuteur au niveau international. Le paradoxe est que le Musée national devrait développer une pensée contraire à celle sur laquelle il a été fondé. En analysant la construction de l'image des lacustres, par exemple, on sait aujourd'hui que la préhistoire suisse n'existe pas, pas plus que la Suisse romaine. Il s'agit de thématiques extraterritoriales. Il revient à un musée national de montrer la diversité géographique et physique, donc forcément culturelle du pays, de servir de centre de réflexion, de parler d'histoire pour traiter d'ouverture.

Le Musée reste marqué par un fort zuricho-centrisme, et il n'a pas corrigé son image élitaire. Le sortir de l'administration fédérale serait un bienfait, pour autant qu'on ne le privatise pas. Si on lui donne une autonomie accrue, cela signifie davantage de pouvoir à la direction. Il ne faut pas le faire avec les gens actuellement en place.»