Les récits de mutinerie à l'école suscitent toujours l'enthousiasme. On le sait si bien depuis Zéro de conduite de Jean Vigo et Les 400 Coups de François Truffaut. La révolte des enfants, cette rébellion originelle, est toujours partagée avec délices par les spectateurs, quel que soit leur âge. Et, sans atteindre la perfection de ses illustres prédécesseurs, le Français Jean-Jacques Zilbermann parvient à transmettre, comme ce fut le cas sur la piazza Grande en ouverture du dernier Festival de Locarno, le même sentiment de liberté et de jubilation.

Son héros, Daniel Massu (épatant Damien Jouillerot), cumule les raisons d'exploser: à 15 ans, il en paraît 13; son père (Olivier Gourmet) et sa mère (Carole Bouquet) sont proviseur et directrice de son internat; ses parents le contraignent à dormir avec les autres élèves, dans un dortoir où il est perçu comme le chouchou. Des avantages d'être «fils de» à la création d'un commerce de denrées interdites, son réveil doit ébranler le système en place.

Déjà auteur de tragi-comédies aux titres éloquents (Tout le Monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes), Zilbermann vise d'autant plus juste que son film tombe en plein débat sur le durcissement (ou non) de l'enseignement scolaire. Il faut d'ailleurs saluer sa constance, y compris dans son style sobre et carré qui ajoute à l'efficacité du propos: son premier court métrage, en 1971 déjà, s'intitulait Faites chauffer l'école.

Les Fautes d'orthographe, de Jean-Jacques Zilbermann (France 2004), avec Damien Jouillerot, Olivier Gourmet, Carole Bouquet.