A ce stade de la compétition, mais sans que le film de Clint Eastwood n'ait encore été officiellement noté (lire en page 37), Un Conte de Noël est le grand favori de la presse française: dans le tableau publié chaque jour par Le Film français, sept critiques hexagonaux sur quinze lui décerneraient la Palme d'or. Suivent, selon ces mêmes critiques issus de quinze journaux différents, Le Silence de Lorna des frères belges Dardenne (cinq palmes), le dessin animé documentaire Waltz with Bashir de l'Israélien Ariel Forman (2 palmes), à égalité avec Gomorra de l'Italien Matteo Garrone. Le film le moins aimé jusqu'ici étant le film d'ouverture, L'Aveuglement du Brésilien Fernando Mereilles.

La presse internationale, réunie elle aussi dans un système d'étoiles publié quotidiennement par Screen International, déteste également L'Aveuglement, et plus encore Serbis du Philippin Brillante Mendoza. Et surtout, les onze critiques, en provenance d'autant de pays, classent Un Conte de Noël septième sur dix films présentés. Très loin des favoris qui sont, en tête, Les Trois Singes du Turc Nuri Bilge Ceylan, puis, à égalité, 24 City du Chinois Jia Zhangke, Le Silence de Lorna et Waltz with Bashir. Les critiques français, en particulier les Parisiens, vivent-ils le même festival que les autres?