L'adaptation d'un roman en film est une aventure en soi, humaine, artistique, aux rebondissements multiples. Cet été, nous passons en revue les plus belles de ces sagas.

Episodes précédents:

(1/8) Et le Guépard s’est mis à danser

(2/8) Libre comme un oiseau moqueur

(3/8) Madame Bovary, c’est Chabrol

«C’est un cheval, comment puis-je raconter la vie d’un cheval?» D’habitude, lorsqu’un cinéaste adapte un classique de la littérature, c’est par admiration, par amour. Pas Fellini. Lorsque le maître italien met en scène sa vision d’Histoire de ma vie de Casanova, il n’a de cesse de ridiculiser ce dernier, assassinant sur grand écran l’aventurier vénitien célébrissime, Giacomo Casanova (1725-1798), figure majeure du XVIIIe siècle, connu pour ses conquêtes et sa sexualité luxuriante.

Les producteurs, appâtés par le parfum du stupre (Fellini portant à l’écran la vie du séducteur vénitien, cela promettait un beau succès), se réjouirent trop vite. Le réalisateur signa son contrat sans avoir lu Casanova. Lorsqu’il se plongea dans les quelque 3300 pages de Histoire de ma vie, il s’ennuya mortellement, ratura et arracha de nombreuses pages. En Casanova, Fellini voyait le cliché du macho italien écervelé, infantile, infatué de sa personne et toujours sous la coupe maternelle.