Sexiste et rétrograde, le Festival de Cannes? C’est le pavé dans la mare lancé dans Le Monde par trois «chiennes de garde» autoproclamées, Fanny Cottençon, Virginie Despentes et Coline Serreau. Une année à peine après avoir claironné l’avènement du «film de femmes» pour cause de présence sans précédent de quatre d’entre elles en compétition, on retombe de haut. Comme en 2010, pas l’ombre d’une cinéaste dans ce saint des saints. Le cinéma serait-il donc l’apanage du sexe dit fort, divisant l’autre moitié de l’humanité entre icônes de charme et travailleuses de l’ombre?

A côté du tout neuf gouvernement paritaire de François Hollande, le festival fait certes pâle figure. Avec, de surcroît, une seule Palme féminine de toute son histoire, La Leçon de piano de Jane Campion. Mais il n’est jamais que le reflet du 7e art, lequel n’est, à ce niveau du moins, pas plus affaire de quotas volontaristes qu’il peut être réduit à de telles caricatures.