«Sucre de Cannes» recense chaque jour les détails bizarres ou cocasses qui font le sel du Festival de Cannes.

Mogul destitué, banni, honni, pestiféré, Harvey Weinstein se morfond dans quelque clinique de sevrage en songeant à sa gloire passée. Quand le vieux matou n’est plus là, les souris dansent. Ce soir, le tapis rouge leur est dédié. Au marché du film, on observe un accroissement du taux de productions à gros budget qui font la part belle aux femmes, comme 355, un film d’espionnage réunissant Jessica Chastain, Penélope Cruz, Fan Bingbing, Marion Cotillard et Lupita Nyong’o – plus classieux que Sylvester Stallone, Jason Statham et Dolph Lundgren se mesurant la zigounette dans Expendables, non?

Il n’y a que trois réalisatrices en Compétition, mais une multitude d’autres attendent leur tour. Dans le Figaro Madame, leur détermination tranquille est impressionnante: «Quand on me parle de «film de femme», j’entends juste le mot film», dit Sophie Marceau. Pour Géraldine Nakache, Zero Dark Thirty, de Kathryn Bigelow peut laisser penser que c’est un homme qui l’a réalisé – «A croire que je suis misogyne», plaisante-t-elle.

La féminisation du 7e art va bon train puisqu’à l’automne sera lancé Cherry Picks Review, un agrégateur de notes réservé aux femmes. Au lieu des tomates que balancent virilement les hommes, elles évalueront les films avec des cerises. Ces drupes goûteuses, qui vont souvent par paires, peuvent même évoquer quelque douteux trophée…