«Hanna Rosin n’a pas tort sur ce point: les femmes réussissent mieux à l’école. A l’heure actuelle, il y a plus de bachelières que de bacheliers. Cependant, les filles et les garçons choisissent encore des métiers typiquement masculins ou féminins. Cela n’a pas vraiment changé en vingt ans, hélas! Concrètement, on se retrouve avec une majorité de femmes dans les filières «féminines» qui débouchent, en entreprise, sur des fonctions de support et non de production.

»Ce que je constate avec ces fonctions support – ressources humaines, marketing, communication –, c’est qu’elles ne sont pas des voies directes pour accéder aux postes de direction générale. Ainsi, il n’y a pas seulement un plafond de verre mais aussi une paroi de verre: autrement dit, l’accès est barré non seulement vers le haut de la pyramide mais aussi sur les côtés. En définitive, l’absence systématique de femmes aux commandes perdurera tant que les choix d’études resteront fortement sexués, tant que les filles se sentiront obligées de choisir les lettres au lieu de l’ingénierie.

»J’appelle de mes vœux une plus grande mixité dans les entreprises, un bon équilibre entre hommes et femmes à tous les niveaux de la hiérarchie mais aussi dans les différents secteurs. Sans oublier que le monde qui est devant nous est, il est vrai, un monde de services mais aussi de technologie, dans lequel il est nécessaire que les femmes participent également à la conception – et pas seulement à la vente – des produits technologiques de demain.»