Des nouvelles et romans que Stephen King a consacrés aux affres de son métier d'écrivain, le cinéma a tiré deux grands films: The Shining de Stanley Kubrick et Misery de Rob Reiner. Fenêtre secrète, adapté de la nouvelle Vue imprenable sur jardin secret des recueils Après Minuit et Minuit 2, ne confirme pas l'adage «Jamais deux sans trois». Malgré Johnny Depp en scribouillard accusé de plagiat par un inquiétant inconnu (John Turturro), David Koepp rejoint le rang d'un type de films inspirés par King: les navets ridicules. Et, dans ce rayon-là, ils sont légion.

Tout, dans Fenêtre secrète, repose sur des motifs usés jusqu'à la corde. Comme si l'équipe du film, à l'unisson d'une partition pompier de Philip Glass, avait accordé ses violons sur la touche «déjà-vu». C'est d'autant plus regrettable que David Koepp promettait mieux: en deux films écrits et réalisés seul, Réactions en chaîne sur la paranoïa armée d'une Amérique protectionniste et Hypnose sur l'horreur d'un talent médiumnique, Koepp s'est imposé comme un scénariste demandé par De Palma, Zemeckis ou Spielberg pour lequel, après avoir écrit les trois Jurassic Park, il adapte La Guerre des mondes de H. G. Welles.

Fenêtre secrète (Secret Window), de David Koepp (USA 2004), avec Johnny Depp, John Turturro.