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Le quai du Mont-Blanc 29, avec le 2e étage.
© Le Temps

Une saison hodlérienne

Là où Ferdinand Hodler a fermé les yeux

CHRONIQUE. Dans un aménagement d'avant-garde, le peintre a vécu au quai du Mont-Blanc 29 de 1913 à sa mort, en 1918. Il a peint le lac depuis son balcon, jusqu'au bout

2018 marque le centenaire de la mort de Ferdinand Hodler. Chaque vendredi de l’été, «Le Temps» évoque des fragments de la vie de cet artiste complexe et passionnant.

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C’est là où l’aventure s’est achevée, et pourtant il n’y a même pas de plaque. Au quai du Mont-Blanc 29, à Genève, ne figure qu’une inscription en lettres élégantes au-dessus de la porte, le nom de la résidence, Beau-Regard.

Beau regard, pour la dernière demeure d’un peintre. Evidemment. Ferdinand Hodler a vécu dans ce bâtiment de 1913 à son décès, en 1918. Il occupait un appartement au deuxième étage, là où les balcons sont en loggia, bien en retrait de la rue, avec des façades extérieures arquées.

Un intérieur à la manière de la Sécession

Le Musée d’art et d’histoire de Genève, qui conserve le mobilier de ce logement, en a récemment parlé sur son blog, images à l’appui. Le peintre, ou «plus vraisemblablement sa femme Berthe», avait été séduit par le design moderniste prôné par l’Autrichien Josef Hoffmann, rencontré lors de l’exposition de la Sécession viennoise de 1904. Ferdinand Hodler a vécu dans ces meubles épurés, massifs mais simples, et sous des lustres en demi-cercles Jugendstil avec leurs motifs de trèfles.

Le balcon a son importance, c’est depuis là que l’artiste a peint de nouveaux paysages du Léman. Aujourd’hui, depuis le point de vue du No 29, on voit la Rade, cette part du lac qui fuit vers l’ouest, et au premier plan un petit port avec son ponton de location de paddles. A l’époque, le résident du deuxième avait un panorama sur un rivage encore fruste, sinon vierge. A-t-il peint de manière plus abstraite qu’auparavant? Cela se discute. Au premier plan, il pose un cortège de cygnes, comme pour faire en sorte que la vie dodeline face à la majesté des éléments, l’eau et les roches.

Quelques derniers mots

Le 19 mai 1918, rongé par sa maladie des poumons, le peintre a fermé les yeux, pour toujours. Beau regard. Dans le recueil de ses Ecrits esthétiques (Ed. Notari), au chapitre des «notes ultimes» de 1917, on peut lire (carnet 231.12):

«Si j’avais encore cent ans à vivre, je continuerais à exprimer les choses semblables, les accords, les harmonies de l’humanité.

L’art nous lie, vive l’art! Ce qui nous rend un est plus grand que ce qui nous divise.

J’ai traduit mes sympathies.

Une rose, un son d’orgue.»

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