Une saison hodlérienne

Ferdinand Hodler en sa Grand-Rue de Genève

On peut se balader à Genève dans les lieux forts de la vie du peintre. Et déguster un tartare de saumon sous la plaque commémorative de la Vieille-Ville, que même la lumière du jour honore

2018 marque le centenaire de la mort de Ferdinand Hodler. Chaque vendredi de l’été, «Le Temps» évoque des fragments de la vie de cet artiste complexe et passionnant.

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Dans la Vieille-Ville de Genève, Grand-Rue 35, le Café-restaurant des antiquaires propose une carte classique et fiable. Spécialité de la maison, la fondue Jean-Jacques Rousseau aux morilles. Le philosophe a vécu en face. Par ces temps de chaleur, l’estaminet propose, sur une petite terrasse à même la rue piétonne, un honnête tartare de saumon – les frites pourraient être plus légères.

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Un déjeuner sous la plaque

Si l’on se place à la dernière table extérieure, côté Rhône, on déjeune presque sous la plaque honorant la mémoire de Ferdinand Holder et signalant qu’il a eu son atelier dans cette ruelle, Grand-Rue 33. L’adresse peut figurer au long d’un périple hodlérien genevois, avec sa résidence suivante et dernière, quai du Mont-Blanc – nous y reviendrons –, et le cimetière de Saint-Georges. Pro Vélo a publié une petite carte recensant les lieux du peintre dans la cité, parcours praticable aussi à pied.

A certains moments de la mi-journée, sur la terrasse de la Grand-Rue, en tartinant ses toasts de saumon, on peut suivre le tracé du soleil sur la plaque commémorative. La petite histoire raconte que Ferdinand Hodler faisait poser ses modèles sur le toit, faute de place dans l’espace exigu de la Vieille-Ville. Il est resté là de 1881 à 1902.

Une décennie majeure

Une grosse décennie majeure dans son développement, pendant laquelle il a aussi connu l’opprobre des autorités genevoises avec son tableau La nuit, l’intérêt à Paris pour la même œuvre et le début d’une reconnaissance lors de l’Exposition nationale genevoise de 1896. Peu après avoir quitté la Grand-Rue, en 1904, le peintre suisse participe à la 19e exposition de la Sécession viennoise, l’amorce de son rayonnement européen.

Au début du tartare, donc, la plaque est dans l’ombre. Une fois repu, les caractères sont presque exposés plein soleil, comme un salut de la lumière. On reprend la marche, pour voir plus loin que Borges a vécu là, lui aussi. Une balade.

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