Le peintre suisse Ferdinand Hodler (1853-1918) fait son entrée au Metropolitan Museum of Art (MET), le prestigieux musée new-yorkais de l’Upper East Side avec son tableau Le Rêve du berger réalisé en 1896. Selon le New York Times, cela faisait des années que le directeur du Département de la peinture européenne du MET, Keith Christiansen, espérait mettre un jour la main sur une œuvre incarnant le symbolisme pratiqué par l’artiste suisse.

Keith Christiansen a d’emblée envoyé à Zurich l’une des curatrices de l’art moderne du MET, Sabine Rewald, sachant qu’une vente aux enchères allait être organisée (en décembre) par Christie’s. Cette dernière est tombée d’admiration devant la toile qui était exposée dans le foyer marbré de Credit Suisse à la Bahnhofstrasse. «C’est magnifique», a-t-elle raconté à son patron via courrier électronique.

Il n’en a pas fallu davantage pour convaincre Keith Christiansen, qui a finalement accepté de payer Der Traum des Hirten 3,25 millions de dollars alors que le tableau était estimé à 1,7, voire 2,25 millions de dollars par Christie’s. Il a déjà été installé la semaine dernière dans la galerie des peintures du XIXe siècle, explique le NYT, aux côtés d’œuvres de Gustav Klimt et Maurice Denis.

Hormis son exposition dans le foyer du Credit Suisse en décembre, la peinture n’avait pas été présentée au public depuis 1943, lors d’une exposition tenue à la Kunsthalle de Bâle. A propos de Ferdinand Hodler, Keith Christiansen nuance néanmoins: «Hodler n’est pas régulier. Mais quand il est grand, il est inoubliable, surtout si l’on pense à la manière dont il appréhende ses peintures, le jeu de l’espace, la surface et la profondeur. Avec cette peinture, nous avons l’artiste au sommet de son art.»