Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Guillaume Tell, tableau de Ferdinand Hodler.
© Ferdinand Hodler

Une saison hodlérienne

Ferdinand Hodler, une suissitude complexe

Le peintre est évoqué à bien des propos, par exemple pour exprimer les contradictions d’une Suisse plus subtile, ou contradictoire, qu’il n’y paraît

2018 marque le centenaire de la mort de Ferdinand Hodler. Chaque vendredi de l’été, «Le Temps» évoque des fragments de la vie de cet artiste complexe et passionnant.

Episodes précédents

La marche Berne-Genève, mythe fondateur

Ferdinand Hodler au miroir du lac

La volonté de devenir peintre

On trouve Ferdinand Hodler décidément partout. Par exemple, cette semaine, à propos de séries TV. Le Temps a évoqué Helvetica, la fiction politique que tourne la RTS ces temps. Dans le dossier de présentation, une note d’intention de Romain Graf, coauteur et réalisateur. Il écrit: «Helvetica parle de la Suisse dans sa dualité. Comme un tableau de Hodler, elle semble calme en surface, mais ne sait dissimuler les sommets accidentés qu’elle reflète.»

Si loin d’une peinture officielle

Cette lecture des peintures hodlériennes peut paraître tarabiscotée, alors qu’il s’agit de mettre en valeur la contradiction du pays du CICR, à la fois havre de paix et exportateur d’armes – c’est, semble-t-il, le cœur du propos d’Helvetica. Pourtant, il est rafraîchissant de voir invoqué le peintre du tournant du XXe siècle dans un contexte de lecture critique du pays.

Cela a été dit maintes fois, s’il est un artiste qui n’a rien d’un niais illustrateur de la Suisse officielle, c’est bien Ferdinand Hodler. Même son Guillaume Tell, dans sa rugueuse verticalité, incarne un courroux qui n’a rien d’un paternalisme institutionnel. C’est plutôt l’image d’une colère tonitruante, la main dressée du refus ainsi que le feu et la fureur.

La structure et la complexité

Cependant, lorsqu’il s’agit du paysage comme des êtres humains, il n’est pas certain que le peintre soit un tel artisan de la contradiction. Dans les paysages, la confrontation du minéral et de l’aquatique – montagnes et lacs – n’exprime pas une opposition, elle traduit plutôt la recherche d’une structure. Les monts ne sont pas le paysage, ils le portent. Dans les portraits ou les œuvres plus allégoriques, l’artiste accorde à ses modèles ou à ses créations une large palette d’expressions et de significations, ou parfois de symboles. Plutôt que dire une dualité, Hodler traque des points d’ancrage autant que des lignes de fuite, des formes fondamentales et des creux d’humanité. Une Suisse complexe, en somme.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

Un soir à la rédaction du Temps. La salle de réunion est transformée en labo photo géant éclairé de rouge. Au milieu de la pièce, l'artiste Yann Marussich, rendu photosensible. Sur son corps nu se développent des titres du «Temps». 60 spectateurs assistent à l'expérience qui dure 45 minutes.

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

n/a
© Arnaud Mathier/Le Temps