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Les comédiennes Fiamma Camesi et Géraldine Chollet tirent des fils des entrailles des bâtiments et recouvrent toits et parois de cette laine qui passe de la ligne claire aux lianes touffues.
© DR

Scènes

Au festival de La Bâtie, la ville asphyxiée devient une forêt vierge

Une proposition insolite des Fondateurs permet de vivre en direct une transition entre culture et nature. A voir encore mardi et mercredi soir à L’Orangerie, à Genève

Et si les villes n’étaient pas éternelles? Et si, après avoir épuisé leurs ressources, les métropoles redevenaient prés, marais et forêts? Cette question, la troupe des Fondateurs la pose en des termes très contemplatifs dans Espaces verts, à l’affiche de La Bâtie-Festival de Genève. Sur la scène de l’Orangerie – le lieu, situé dans le parc La Grange, est parfaitement choisi –, des immeubles en mousse figurent une cité. Que deux femmes en noir vont transfigurer.

Petit à petit, telles des parques concentrées, les comédiennes Fiamma Camesi et Géraldine Chollet tirent des fils des entrailles des bâtiments et recouvrent toits et parois de cette laine qui passe de la ligne claire aux lianes touffues. De temps en temps, les vestales descendent dans le public et racontent des anecdotes qui parlent du lien entre la nature et l’humain. C’est réussi? C’est différent des autres pièces des Fondateurs, plus secouées. Mais le ton, doux et lent, cadre bien avec l’asphyxie sans bruit du monde contemporain.

Se coucher, c’est mieux

Le public? Il peut déambuler autour de cette cité menacée, ou s’asseoir sur des coussins s’il le veut. Même se coucher. Il faut tenter cette position, car on entend mieux la très fine bande-son de Laurent Nicolas: du souffle, des craquements et, au loin, très loin, des postes de télé ou de radio qui diffusent très doucement leur programme quotidien.

Ce qui est beau aussi dans cette proposition de Julien Basler et Zoé Cadotsch, c’est que l’action, aussi lente soit-elle, ne s’arrête jamais. Toujours, les deux fileuses tirent et posent leur butin sur les maisons comme autant de végétation. Le mouvement est continu, va en s’accélérant jusqu’à un apogée et les fées nature ne s’arrêtent que pour parler macrobiotique, Machu Pichu, Epilady ou liens entre les humains. Le continuum peut lasser. Lundi, des gens sont partis. Mais si on entre dans cette danse des fils, on vit en soi le changement d’état et, à la fin, on est saisi par cette ville qui n’a plus rien d’urbain.


Espaces verts, jusqu’au 5 septembre, Théâtre de l’Orangerie, La Bâtie-Festival de Genève.

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