Scènes

Le Festival de la Cité, entre quadriphonie rock et danseurs des favelas

La manifestation lausannoise, qui va connaître en juillet une 45e édition nomade, entre Ouchy et la vieille ville, dévoile les premiers contours de sa programmation

Le Festival de la Cité, 45e du nom, se déroulera en juillet entre trois scènes éparpillées le long de la ligne du métro M2 – Ouchy, la Riponne et la Sallaz. Seules quelques animations auront lieu dans le périmètre de la vieille ville. Mais, au-delà de la vague d'indignations que cette annonce a pu provoquer, la manifestation reste ce qu'elle a toujours été: un festival gratuit et pluridisciplinaire proposant aux amateurs de musiques et des arts de la scène une programmation faisant la part belle aux découvertes. On en a la preuve avec les premiers noms que viennent de lâcher les organisateurs, un mois avant la conférence de presse officielle qui dévoilera la totalité des artistes à l'affiche.

«Programmer la Cité est très différent de ce que je faisais jusque-là», explique Myriam Kridi, la nouvelle directrice du festival, venue du théâtre de l'Usine, à Genève. «Une salle fermée permet la fiction, les artistes peuvent emmener le public n'importe où, alors qu'à l'extérieur il faut tenir compte du cadre. Pour chaque spectacle, on doit réfléchir où on le met, car il y a inévitablement un dialogue qui s'instaure avec l'espace physique, avec le décor naturel et l'architecture environnante. De plus, il n'y a jamais de noir total ou de silence total.» En guise d'exemple emblématique, Myriam Kridi cite le spectacle Suave, qui sera présenté à la Riponne, et dans lequel la jeune chorégraphe brésilienne Alice Ripoll met en scène des danseurs issus d'une favelas de Rio. Voir au cœur de Lausanne, sur une place imposante dominée par le majestueux Palais de Rumine, une chorégraphe issue de la scène contemporaine et des danseurs venus de la rue, fera assurément résonner différemment cette rencontre entre deux mondes, deux espaces qui d'habitudes restent distincts. «A la Riponne, il faut des créations qui fassent le poids, on ne pourrait pas proposer du théâtre à texte. A Ouchy, dans un cadre plus intime et calme, c'est très différent.»

Myriam Kridi cite encore La Cosa, spectacle entre cirque, performance et installation, et dans lequel Claudio Stellato explore la relation entre l'homme et la nature. Spectacle qu'elle a choisi de montrer à la Sallaz, quartier qui se profile comme un nouveau centre urbain mais qui est tout proche des bois de Sauvabelin. La scène des hauts lausannois accueillera également des concerts de l'élégant chanteur français Bertrand Belin et du saxophoniste américain Colin Stetson.

La musique, venons-y. C'est le domaine de Vincent Bertholet, qui en marge de ses activités au sein des groupes Orchestre tout puissant Marcel Duchamp et Hyperculte, s'est chargé de dénicher pour le Festival de la Cité quelques formations encore confidentielles mais qui ne devraient pas le rester longtemps. Le seul credo de ce mélomane éclectique: «Proposer des choses que j'aime mais qui sont accessibles au plus grand nombre». Et de citer le quatuor anglais United Vibrations, qui propose une roborative fusion de pop et d'afro-jazz, ou encore les Français de Calypsodelia, qui viennent tout juste de sortir un premier album entremêlant pop psychédélique et disco.

Le Genevois se réjouit surtout de faire découvrir un projet hors norme: La Colonie de Vacances. Soit la réunion de quatre groupes rock français, Electric Electric, Papier Tigre, Marvin et Pneu, pour une performance en quadriphonie, avec quatre scènes distinctes et le public au centre. «Parfois les groupes jouent tous ensemble, d'autres fois séparément. Ce qui devait être une expérience unique, suite à une commande d'un festival, est au fil du temps devenu un groupe à part entière. On est très heureux de les accueillir.»

Festival de la Cité, Lausanne, du 5 au 10 juillet. www.festivalcite.ch

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