Record absolu de fréquentation pour cette 29e édition du Festival de la Cité à Lausanne: 120 000 personnes ont assisté aux 244 représentations gratuites (danse, théâtre, humour, musique classique, jazz, variétés, etc.) qui ont eu lieu dans la vieille ville durant dix jours. L'affluence de la dernière soirée de samedi laissait présager ce résultat. En effet, lancé par une soirée chaude à la toscane, le festival s'est terminé sous une pluie très british. Mais l'eau dans les calamars frits ou les pâtes vietnamiennes servis à tour de bras dans les rues n'a pas refroidi l'engouement du public.

L'humour des jeunes «Improsteurs» ou le funk des familles de Dulaine Harris ont conquis tous les parapluies réunis. Dans un registre plus pointu – et au sec sous le pont Bessière – le jazz planant d'Ahmad Mansour a tout autant réjoui les auditeurs. Vers 23 h, les gouttes ont cessé, ce qui a permis au comédien Raoul Pastor d'embarquer sur le paquebot de Novecento et à Philippe Saire de mener son Bal à Marcel, magnifique point d'orgue à la manifestation. Le chorégraphe et son équipe ont initié le public à la danse de salon avant d'ouvrir la scène à un grand bal populaire qui s'est achevé vers 2 heures du matin…

Riches d'un budget augmenté de 300 000 francs (total: 1,25 million de francs) grâce à une participation accrue des sponsors, les organisateurs ont pu étoffer et affiner l'affiche des spectacles. «Pour la première fois aussi nettement, le public a manifesté son enthousiasme quant à la qualité de l'offre artistique», estime Jacques Bert, directeur du festival. L'édition 1999 aura ainsi été marquée par Les sept péchés capitaux, pièce de théâtre conçue par sept auteurs romands et jouée par sept compagnies.

Jusqu'où ira la Cité? A 100 000 spectateurs – chiffre de l'édition 1998 – les organisateurs parlaient déjà d'un maximum à ne pas dépasser. Répondre à la demande du public sans trop d'inconfort pour lui mais sans perdre son identité, tel est le casse-tête du festival. «Le festival doit son âme et son esprit convivial à son implantation dans la vieille ville. Nous refusons de nous étendre au bord du lac. La place de la Riponne, de la Madeleine et la place Arlaud pourront constituer des scènes supplémentaires pour les prochaines éditions.»