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David Pujadas, ex-présentateur du «20 Heures» sur France 2, lors d'un débat à Couthures-sur-Garonne.
© Camille Millerand/Le Monde

International

Au Festival de Couthures, quand le public reprend goût au journalisme (et vice versa)

Le festival international de journalisme s’achève ce dimanche à Couthures-sur-Garonne. Moments choisis de cette rencontre inédite entre les journalistes et leur public. Une initiative du groupe Le Monde dont «Le Temps» est partenaire

L’appétit de lire, de comprendre et d’interpeller les professionnels de l’information est une caractéristique que les festivaliers de Couthures-sur-Garonne partagent bien volontiers. Extrait d’une conférence, samedi, sur la transparence et le journalisme politiques, sous l’un des chapiteaux bondés de cette localité du sud-ouest de la France transformée par le groupe Le Monde en rendez-vous affectueux entre lecteurs, téléspectateurs, reporters, témoins et activistes.

L’éditorialiste Jean-Michel Aphatie défend la neutralité des commentateurs. Le présentateur de télévision David Pujadas raconte la remontée du journal de 20 heures sur France 2 grâce à l’investissement délibéré de sa rédaction sur les sujets présumés compliqués comme la politique, l’économie ou l’actualité internationale. Les enquêteurs du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme défendent le «droit à l’investigation…»

Des médias trop souvent semblables

Vient le moment, pour le public, d’interroger les panélistes. Première question sur la connivence et sur le «formatage» de médias trop souvent semblables. Seconde question sur le besoin de s’extirper de l’engrenage des «news» instantanées. Un début de colère gronde sous le soleil matinal du Sud-Ouest. Juste à côté, l’activiste pro-migrants Cédric Herrou fait aussi chapiteau plein. Il raconte ses duels au quotidien avec des forces de police parfois aussi déboussolées que les migrants par les contradictions du droit français, illustrées par la récente décision du Conseil constitutionnel de consacrer le «principe de fraternité».

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Couthures est un laboratoire champêtre au bord d’un fleuve magique, entre histoires vraies et volonté de mieux les raconter sur le web, dans les colonnes des journaux et sur les plateaux de télévision. Au même moment, la thématique «Histoire et journalisme» donne la parole à l’historien et essayiste Benjamin Stora.

Benoît Poelvoorde et l’efficacité

Tandis que, quelques minutes plus tard, le parrain de la troisième édition du festival, l’acteur belge Benoît Poelvoorde, s’en prend au sacro-saint principe d’efficacité. Plaidoyer pour le «romanesque qui, seul, sauvera le journalisme». «Si l’on n’a plus d’endroit pour se réconcilier avec les journalistes, nous finirons par nous fâcher.»

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«Le Monde et ses partenaires ont raison. Ils descendent de leurs «bulles» médiatiques. Et nous essayons de leur faire comprendre pourquoi parler avec les gens, associer son public, écouter ses lecteurs vaut quand même mieux que toutes les campagnes de marketing», rugit Jacqueline, enseignante à Marmande, au sortir d’une table ronde du Kiosque international organisé en partenariat avec Le Temps et Courrier International pour donner la parole, sur la France et sur l’information, aux journalistes étrangers.

Complaintes et inquiétudes

Complainte entendue le plus souvent sur les bords de la Garonne: «Vous ne parlez que de vous, de votre monde.» Des journalistes victimes de leur huis clos, incapables de percevoir le monde extérieur et les débats qui l’agitent? Des journalistes «aveugles parce qu’ils ne veulent pas voir». Ou, au contraire, comme l’a souligné la directrice du mensuel Causeur, Elisabeth Levy, «le terrible syndrome de journalistes qui ont renoncé à être des intellectuels»?

Présents à Couthures à l’invitation du Temps et de Courrier International, les correspondants à Paris du quotidien italien La Repubblica, de l’espagnol El Pais et de la Libre Belgique ont apporté leurs nuances et leurs lots d’inquiétudes. La chaîne d’information russe en continu RT, ravie de se présenter comme victime des autorités françaises, qui lui refusent toujours une accréditation à l’Elysée, a pu aussi défendre son approche controversée de l’actualité. Une actualité dont le groupe Ringier Axel Springer, propriétaire du Temps, a rappelé chaque jour l’épreuve qu’elle constitue pour les passionnés de vérité. Le clip en hommage à Jan Kuciak, jeune journaliste d’investigation slovaque du site possédé par Ringier Aktuality.sk, assassiné en février 2018 à Bratislava au côté de sa compagne, ouvrait, chaque jour, les débats du Kiosque international.

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